« Big Data » : la quatrième révolution industrielle ? – 3/3

« Big Data » : la quatrième révolution industrielle ? – 3/3

Les freins au développement du phénomène « Big Data ». Pour tirer profit du phénomène « Big Data », il y a bien entendu des écueils techniques, mais l’expérience montre qu’ils sautent les uns après les autres.

Les freins au développement du phénomène « Big Data »

Pour tirer profit du phénomène « Big Data », il y a bien entendu des écueils techniques, mais l’expérience montre qu’ils sautent les uns après les autres. En l’occurrence, ce sont essentiellement les mentalités et le cadre règlementaire qui vont être soumis à rude épreuve.

Des décideurs sensibilisés : pour exploiter le phénomène, le premier maillon de la chaîne est le décideur qui doit comprendre cette révolution, définir comment en tirer parti puis adapter ses outils  et ses processus de capture de l’information à ses ambitions. Il doit donc à la fois être sensibilisé à la valeur de la donnée et créatif pour déterminer comment créer de la richesse à partir de données tout en respectant la vie privée et en convainquant le public de l’intérêt qu’il peut avoir à ce que ces données soient exploitées

Disponibilités des compétences d’analyse : la croissance des volumes des données et des utilisations qui vont en être faites laisse présager d’une pénurie critique de personnes formées à l’analyse de données ou tout simplement à l’utilisation des résultats de ces analyses. Les cursus actuels de formation sur ces compétences sont notoirement sous-dimensionnés aujourd’hui déjà et la pénurie risque d’entraver l’exploitation des « Big Data », voire d’en délocaliser une partie.

Accessibilité des données : conscients de la valeur de leurs actifs, certains détenteurs de « Big Data » décideront de ne pas autoriser l’accès à leurs données à des tiers, limitant ainsi les possibilités de croisement qui sont le réacteur de la création de richesses.

Concurrence déloyale du secteur public : les administrations détiennent des gisements précieux de données. Elles peuvent être tentées d’en restreindre l’accès, voire de se poser en distributeur de la donnée, en concurrence frontale avec le secteur privé, comme le fait par exemple La Poste avec ses référentiels. Ces mélanges des genres freineront nécessairement le levier innovation attendu du phénomène « Big Data » en bridant le développement de startups qui ne pourront pas exploiter des données qui sont pourtant la propriété du citoyen.

Droit de la propriété de la donnée : le droit a été élaboré pour protéger la propriété des biens physiques. Il répond peu ou pas à des questions simples concernant les données : qui est le propriétaire de la donnée, des droits rattachés, qui est le responsable des conséquences de son utilisation… Ce cadre juridique devra évoluer pour que le phénomène « Big Data » soit pleinement libéré.

Règlementation sur le respect de la vie privée : le législateur va devoir arbitrer entre la croissance qu’il peut espérer tirer de l’utilisation des gisements de données et l’aspiration des citoyens à voir leur vie privée respectée. Des dogmes tels que le non-croisement des données de la sécurité sociale avec celles des impôts ou la confidentialité totale du dossier médical personnel, même à des fins d’études, devront être revisités à la lumière de la valeur qui serait créé s’ils étaient aménagés.

Conclusion : « Big Data », une nouvelle ère

En conclusion, l’exploitation intelligente des « Big Data » annonce effectivement une nouvelle ère de croissance de la productivité et des richesses que préfigurent déjà des précurseurs comme Google ou Facebook. Elle devient un facteur essentiel de différenciation stratégique et le fossé va se creuser entre les organisations qui savent exploiter le capital « Big Data » et les autres. Nous assistons en parallèle à l’éclosion de jeunes pousses innovantes dans le sillage du phénomène « Big Data », tandis que l’hégémonie des bases de données SQL va se fissurer. Les décideurs vont devoir faire preuve de créativité pour appréhender les opportunités et  les menaces de cette révolution, définir comment ils comptent s’y positionner puis aligner leurs systèmes et leurs process de capture et d’analyse de l’information à ces ambitions. Cette révolution doit aussi s’accompagner d’une prise de conscience des pouvoirs publics qui doivent garantir le respect de la vie privée et le droit de la propriété des données, tout en allégeant les règles qui freinent les entreprises pour exploiter simplement leur capital de données. Last but no least, secteurs privés et publiques doivent s’entendre pour développer des filières de formation des compétences analytiques dont la demande va nécessairement exploser dans la période à venir.

Quelques liens pour commencer une session de surf sur le sujet :

Big data, la prochaine révolution informatique (01net)

Qu’est-ce que le big data (Blog zero seconde)

Big Data Is Less About Size, And More About Freedom (Techcrunch)

What is « Big Data? » (ZDNet)

Big data analytics: From data scientists to business analysts (O’Reilly)

Data, data everywhere (The Economist)

The Future Is Big Data in the Cloud (Gigaom)

Big data : the next frontier for innovation, competition and productivity (McKinsey)

Big Data for the year ahead: 10 predictions (ZDnet)

3 « Big-Data » Predictions for 2011

Someone Is Trading Stocks Based on Your Tweets (NYTimes)

A lire : la première partie de « Big Data » : la quatrième révolution industrielle ?
A lire : la deuxième partie de « Big Data » : la quatrième révolution industrielle ?

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