Banques en ligne : l’avènement d’une banque « sans » distance ? – Partie 1

Banques en ligne : l’avènement d’une banque « sans » distance ? – Partie 1

Depuis quelques années, le marché français de la Banque en ligne est en pleine effervescence : aidé par l’éclosion de nouveaux acteurs, ce marché, encore embryonnaire et quasi-monopolistique au début des années 2000, connaît aujourd’hui une croissance sans précédent avec notamment l’entrée d’une dizaine de nouveaux établissements financiers.

D’un marché spécialisé sur l’épargne en ligne avec des acteurs qui ont misé uniquement sur ce segment de marché comme Boursorama (Ex Fimatex) créé à la fin des années 1990, ou Monabanq, Cortal et ING, le marché s’est progressivement ouvert sur l’ensemble des services à distance avec l’entrée des banquiers et des assureurs dits « classiques » : c’est le cas d’Hsbc, d’e.lcl, d’Axa Banque, de Groupama Banque, d’Oney et plus récemment, avec la création de BforBank et de Fortuneo en 2009.

Dans ce cadre, comment est-on passé d’un marché spécialisé et marqué par les échecs retentissants de Zebank ou d’Egg au début des années 2000, à une perspective de croissance insolente avec l’acquisition de centaines de milliers de nouveaux clients et une part de marché sur la conquête des nouveaux usagers similaire à celle des banques «classiques» ?

Cela signifie-t-il que les banques se dirigent, à terme, vers un modèle d’e-agence «100% on-line» qui supplantera définitivement les modèles d’agence plus classiques ?

Les trois modèles majeurs

La banque en ligne compte trois modèles majeurs :

  1. les « pure players » : ce sont les spécialistes nés 100% en ligne à l’origine du concept et ceux spécialisés dans les services bancaires en ligne, à savoir Boursorama, Monabanq, ING Direct notamment.Boursorama - monabanq. - ING DIRECT
  2. les « filiales spécialisées » : ce sont les services en ligne et les marques spécialisées développés par les banques et les assurances traditionnelles, à savoir e.lcl, BforBank pour le Crédit Agricole, Fortuneo pour le Crédit Mutuel, Axa Banque pour Axa…e.LCL - B FOR BANK - FORTUNEO - AXA BANQUE
  3. les « traditionnels » : ce sont les services en ligne développés par les banques et assureurs traditionnels, à savoir Logitelnet pour la Société Générale, BNP Paribas.net pour BNP…
    SOCIETE GENERALE - BNP PARIBAS.net

Un secteur dynamique en constante évolution et qui a su adapter l’offre à la demande

De nouveaux services et produits alléchants associés à une stratégie de personnalisation avancée : face à des packages traditionnels pour lesquels les clients n’ont pas toujours l’impression de savoir ce qu’ils payent (ou de payer pour des besoins latéraux pas toujours bien identifiés), les banques en ligne ont su développer une approche « produits » différenciée et transparente. Les meilleurs exemples en sont notamment une communication valorisant le client et une gamme tarifaire transparente et attractive avec :

  • L’identification du prix de chaque service et des tarifs très compétitifs
  • Des offres souvent orientées par type de clients (haut de gamme, low cost…) avec des services à la carte complets (coffre-fort virtuel, conseillers disponibles…)
  • Le sentiment donné au client que ce dernier est privilégié avec la possibilité donnée aux utilisateurs de choisir leurs produits sur le site
  • Une information claire et à disposition : des comparateurs et simulateurs en ligne et accessible en direct, des encyclopédies de l’épargne explicitant les informations, des centres d’expertises aidant les clients à faire leurs choix (forum, conférences…), des conseillers en ligne et disponibles en dehors des horaires « classiques »…

Pas de rupture entre la recherche d’informations et la souscription : un des avantages majeurs des banques en ligne est de pouvoir combiner l’information et la souscription. Cette relation a d’ailleurs été confirmée par une récente étude de Novamétrie selon laquelle 89 % des internautes qui recherchent de l’information sur une prestation y souscrivent ensuite. Mais encore faut-il savoir développer les bonnes synergies entre les deux et ce point est d’ailleurs un des piliers de la réussite de Boursorama : aujourd’hui, un tiers des comptes sont souscrits en ligne directement sur le site, sans intervention humaine.

Une croissance du secteur en phase avec l’essor des technologies et fortement corrélée à la sécurité :

  • L’Internet bancaire n’a cessé de croître puisqu’on estime aujourd’hui que 50 % des Français consultent principalement leur compte depuis un ordinateur portable. Cette pénétration va de paire avec la généralisation de l’accès à l’Internet à Haut Débit (HD) : aujourd’hui, près de 15 millions de foyers sont connectés à Internet et 95 % des internautes français disposent à leur domicile d’un accès Internet HD.
  • La gestion des finances personnelles en ligne ne fait plus peur puisque 63 % des Français sont des cyber-acheteurs-Internet ou téléphone mobile. Les progrès en terme de cryptage de données et de sécurisation des transactions ont instauré la confiance des consommateurs dans le modèle en ligne.

L’essor du secteur a donc été favorisé par les nouvelles technologies et une communication valorisant le client adossée à une gamme tarifaire transparente et attractive. S’il a su évoluer et profiter pleinement des nouvelles technologies, ce business model est-il néanmoins pérenne et profitable ?

Lire aussi : Banques en ligne : l’avènement d’une banque « sans » distance ? – Partie 2

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